Ysambre - la suite - un voyage imaginaire de Séverine Pineaux et Mickael Ivorra

novembre 27, 2008 · Print This Article

 

Dans ces colonnes démarre une série d’entretiens avec des aventuriers voyageurs des mondes virtuels et imaginaires. Le premier invité est Mickael Ivorra pour ce mois de décembre 2008. Cofondateur de la revue Chasseurs de Rêves et coéditeur du artbook Terra Incognita, il  travaille avec  Séverine Pineaux sur l’univers d’Ysambre. Il prend la plume et elle peint. le résultat de cette rencontre avait déjà donné lieu à un premier très bel ouvrage, Ysambre, paru chez Semic. La suite, tout aussi poétique et s’inscrivant dans un univers ou technologie et nature se rencontrent, parait cet hiver 2008 pour enchanter Noël.  

- La suite d’Ysambre sort en décembre. Le milieu des aventuriers et des voyageurs a beaucoup de défiance vis à vis de ce qui touche à l’imaginaire, à la fiction. Cela commence à changer un peu, mais rien n’est acquis. On entend souvent de leur part qu’ils s’intéressent à ce qui est vrai, à ce qui est réel.
Qu’en penses-tu toi-même ?
Je ne connais pas le milieu des voyageurs ou des aventuriers de l’extrême, et je suis surpris par cette défiance que tu décris. Je comprends l’envie de vrai, d’authentique, de “vivre” l’expérience…mais personnellement
je ne pense pas qu’une fiction ait moins de valeur qu’un récit ancré dans le réel, si on a envie de dépaysement, de découvrir d’autres moeurs, une faune ou une flore hors du commun… Et aujourd’hui, une bonne partie de notre planète ayant été “défrichée”, il faut selon moi chercher dans la fiction si on veut retrouver le mystère et l’excitation qui entouraient les voyages il y a quelques siècles.
J’adore d’ailleurs ce mélange de réel et d’imaginaire que tu peux trouver quand tu te penches sur les dessins ou chroniques d’animaux “orientaux” vus à travers le prisme du moyen-âge.

Ce qui m’intéresse entre autre dans ton livre, c’est que tu y traites du voyage.
Comment t’y es-tu pris pour entrer dans un récit de voyage, alors que tu es toi-même sans doute davantage un homme de l’avion plutôt que des marches éperdues pendant des semaines ou des mois ?
J’incarne un peu le p
aradoxe du voyageur en pantoufles, en somme :)
En fait, je marche beaucoup quand je voyage dans un endroit inconnu, mais c’est souvent en ville, car mes déplacements longue distance sont essentiellement professionnels… et je pense que j’ai développé une nostalgie ou une envie de forêts, des vieux bâtiments, de lieux mystérieux. Je suis très technophile en même temps, pour moi ce n’est pas incompatible !

As-tu eu des références littéraires qui t’on aidées. Si oui, lesquelles ?
Sont-ce des récits de voyage traditionnel ou plutôt de l’ordre de la fiction, en particulier du domaine du fantastique ?
Oui, je suis très redevable notamment à Christian Charrière pour la Forêt d’Iscambe, qui est un petit bijoux de poésie et d’humour. Je pense avoir aussi été influencé par la Forêt des Mythagos, que j’avais dévoré dans mon adolescence, et par une foultitude d’auteurs fantastiques ; en revanche j’avoue n’avoir lu aucun récit de voyage traditionnel. J
e regarde de temps en temps des documentaires animaliers ou des reportages qui peuvent être de bonnes sources d’inspiration.



Lorsque tu décides d’user d’un support de récit de voyage « traditionnel » pour raconter une histoire imaginaire, quelles sont alors tes plus grandes difficultés ? Tes plus grands plaisirs ?
N’ayant jamais lu de carnets de voyages réels,  je ne sais pas trop dans quelle mesure mon récit s’en rapproche ; en tout cas, ce que j’apprécie beaucoup dans le format des notes, c’est qu’elles permettent d’apporter plusieurs points de vue sur l’histoire et de passer d’un narrateur à l’autre facilement; de se concentrer sur ce qui est vécu par les voyageurs. Il y a aussi un petit côté “puzzle” qui est intéressant, sur le premier Ysambre je me suis bien amusé car on voyage entre les époques et on reconstitue progressivement ce qui s’est passé. Parfois, j’ai envie d’aller plus loin et il y a alors un petit côté frustrant : je dois rester sur un format suffisamment court pour qu’il tienne sur un bout de parchemin ou une page tout au plus, laisser respirer les images… Il y a deux mini-nouvelles dans la Femme Graine que j’ai vraiment pris plaisir à écrire, mais qui ne sont pas évidentes à placer dans ce type de support.

Dans Ysambre, tu abordes la friction entre les tenants de la mystique et les partisans des sciences et de la rationalité - ce qui est « toujours » vrai lorsque l’expérience se répète. Tu parles de nouvelles technologies comme la nanotechnologie aussi. Dans quel positionnement te situes-tu dans ces encarts où tu offres en quelques lignes la vulgarisation d’un concept ou d’expériences scientifiques ?
Ysambre est
un univers ou la thématique de la symbiose est omniprésente, on y parle beaucoup de rapprochement entre le métal et le végétal, la nature…et j’avais envie de confronter deux approches différentes de la vie, de notre environnement…pour au final montrer que là aussi, l’union des deux donnait quelque chose de plus intéressant. Les courtes notes “scientifiques” sont au départ un moyen de faire écho entre les différentes époques de l’histoire, entre quelque chose qui a sa racine dans notre présent (ou notre passé pas si lointain), et quelque chose que vivent les protagonistes au coeur d’Ysambre. C’est aussi un moyen de partager quelques anecdotes sur des sujets que je trouve fascinants, comme l’effet Placebo.



Peux-tu nous en dire davantage sur la manière dont vous avez partagé cet univers avec Séverine Pineaux ?C’est une collaboration assez organique, je crois, qui doit se refléter dans l’imbrication des textes et des images. Il y a une poésie et une richesse dans les images de Séverine, qui, pour moi, racontent tout de suite une histoire. Le début du premier livre est d’ailleurs né en arrangeant des tableaux et des dessins existants pour leur donner un sens, ce qui était très stimulant. Mais j’aime aussi beaucoup l’inverse, lorsque mes textes donnent lieu à des images, qui peuvent encore générer d’autres idées. J’avais envie d’en savoir plus sur les créatures qui peuplaient les tableaux de Séverine, sur les ruines qu’on devinait en arrière-plan… qu’avait-il bien pu se passer ?

Est-ce que tu aimerais parler de quelque chose en particulier ?
Je me suis aperçu que ce qui me faisait le plus plaisir, après la sortie du bouquin, c’était de voir des gens s’approprier l’univers, avoir envie de créer des choses autour. Et plus que tout, de savoir que des petites Ysambre étaient nées. Ca vaut toutes les nuits blanches du monde :)


Comments

One Response à“ Ysambre - la suite - un voyage imaginaire de Séverine Pineaux et Mickael Ivorra ”

  1. Kugenie on août 10th, 2011 1:15

    Great One…

    I must say, its worth it! My link, http://charlo.persianblog.ir/,thanks haha…

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